Sortir de l’argent d’une holding : méthodes simples et efficaces

Au cours des 20 dernières années, j’ai eu la chance de créer de belles entreprises et de les revendre.

Dans l’expertise comptable, l’audit ou le développement de logiciels, ces expériences variées m’ont permis de rencontrer des dirigeants audacieux, chacun à sa manière. Observer leur créativité, découvrir leur capacité à aller au bout d’une idée tout en restant lucides devant les chiffres… Rien de plus précieux pour comprendre, concrètement, comment piloter les finances d’une organisation. Et c’est là, bien souvent, que la théorie laisse la place à l’expérience vécue.

Pour ma part, un schéma s’est vite imposé dans mes aventures entrepreneuriales : investir moitié à titre personnel, moitié via ma holding. Un choix guidé par les règles fiscales françaises : la cession des titres détenus par une société de portefeuille n’est taxée qu’à hauteur de 3,36 %. Inattendu ? Pourtant, c’est bien la réalité.

Prenons un cas réel. Imaginons un placement de 10 000 € sur des parts, réalisées via la holding. Cinq ans passent. La revente des titres pour 100 000 € ne générera qu’une ponction fiscale de 3 024 €. De quoi regarder, autrement, la holding : à la fois rempart et ressource, elle fait office de zone quasi-franche pour l’entrepreneur français.

Cela dit, l’histoire ne s’arrête pas là. L’argent inscrit en holding est “verrouillé”.

Il appartient à l’entité, jamais directement à l’associé. Le sortir pour un usage personnel ? Une taxe de 30 % vous attend sans discussion possible. Résultat : ces fonds attendent, utiles lors d’un rachat ou d’un nouveau projet. Mais cette immobilisation agace les profils impatients.

Plutôt que de laisser ce capital stagner, j’ai construit une stratégie de répartition en trois volets :

  • Une large part, 65 %, reste en réserve : elle pourra alimenter sans délai mes prochains engagements professionnels.
  • Un cinquième, environ 20 %, est placé sur l’or, une valeur stable.
  • Les 15 % restants correspondent à des placements choisis « par passion ».

C’est bien cette dernière catégorie qui retient le plus mon attention. Elle ouvre un horizon concret sur ce qu’il est possible de mettre en place avec les actifs de sa société… dans les clous, bien entendu.

Les options qui s’ouvrent à une entreprise pour placer son capital sont étonnement variées. D’une part, il y a les produits à court terme, davantage vus comme de simples placements ; de l’autre, des investissements à plus large échéance, sur des biens durables ou de réelles participations. Dans tous les cas : l’objectif consiste à générer de la valeur, en limitant les risques inutiles.

Le test du capital-investissement dans de jeunes sociétés m’a laissé partagé. Miser sur les entreprises d’amis n’a pas toujours été un choix rentable… Difficile, dans ce contexte, de faire abstraction de l’affect. Avec le temps, j’ai donc préféré sélectionner rigoureusement chaque opportunité, en fouillant vraiment chaque dossier. Ce sont des placements exposés : ils exigent une analyse fine, et une dose minimale de sang-froid.

Le vin, ensuite, occupe une place singulière dans ma démarche. Je me suis tourné vers des entreprises familiales réputées pour l’achat de grands crus – les Bordeaux et Toscane, en particulier, sont devenus de solides repères. J’archive, je fais vieillir, et chaque année, j’ouvre quelques flacons pour suivre leur évolution. Une manière d’investir tout en éprouvant du plaisir, un investissement qui se goûte, littéralement, et dont le potentiel s’apprécie dans le temps.

L’art moderne s’inscrit aussi dans ma liste d’envies concrétisées. Peu le savent : acheter des œuvres au nom de sa société reste tout à fait légal, sous réserve de respecter un cadre précis. L’œuvre doit, bien entendu, conserver sa valeur et ne pas être détériorée, mais l’objet peut rester physiquement chez soi. Pour ma part, je m’oriente vers des galeries en ligne spécialisées, et sélectionne chaque acquisition avec soin.

Côté immobilier, je me penche à présent sur un projet de location étudiante : un studio pensé pour une colocation à Rennes, du sourcing du bien jusqu’à la gestion, encadré de A à Z pour optimiser le rendement tout en sécurisant le montage juridique.

Avec ce triptyque, business, or, passions, j’ai l’impression de garder la main à la fois sur la sécurité et sur la dynamique des comptes de mon entreprise. Cet équilibre donne du sens à la gestion patrimoniale : conjuguer performance et plaisir, s’autoriser à investir dans ce qui enthousiasme, voilà qui nourrit le parcours d’entrepreneur sur la durée.

Que reste-t-il, au bout du compte, si ce n’est cette capacité retrouvée à agir selon ses convictions et à tirer satisfaction de ses choix ?

Xavier de Labarrière Fondateur d’Uston et comptable

À préciser : seuls les statuts disposant d’un capital social (EURL, SARL, SAS y compris unipersonnelles) permettent ces investissements avec l’argent de l’entreprise. Dès lors qu’on s’oriente vers une entreprise individuelle, type EIRL ou micro-entreprise, le patrimoine se confond avec le personnel, et les règles changent, notamment côté fiscalité et contraintes d’usage.

<pCe blog s'appuie sur l'expérience : stratégie testée, affinée, approuvée, parfois en lien avec mes clients, et toujours dans une optique de partage pour celles et ceux qui souhaitent donner une impulsion à leur gestion d'entreprise.

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