Date d’interdiction Euro 6 : quand les véhicules ne pourront plus rouler ?

Un utilitaire diesel Euro 6 immatriculé en 2015 ne bénéficiera pas des mêmes tolérances qu’un modèle identique de 2019 dans certaines agglomérations françaises. L’application des futures restrictions ne repose pas uniquement sur la norme Euro 6, mais aussi sur la date de première mise en circulation et la vignette Crit’Air attribuée.

Plusieurs métropoles ont déjà fixé des échéances différentes pour l’accès des véhicules Euro 6 à leurs zones à faibles émissions. Les transporteurs et propriétaires de véhicules particuliers se retrouvent ainsi face à un calendrier éclaté, où chaque territoire définit ses propres règles et exemptions.

Norme Euro 6 : de quoi parle-t-on concrètement ?

Depuis 2014, la norme Euro 6 s’impose comme le cadre de référence pour limiter les émissions des véhicules thermiques neufs sur le continent européen. L’objectif est limpide : réduire la pollution liée au transport, en particulier dans les grandes villes soumises à des mesures strictes, comme les zones à faibles émissions (ZFE). Face à cette exigence, les constructeurs ont dû revoir leurs moteurs, en réduisant fortement les particules fines et les oxydes d’azote qu’ils rejettent dans l’air.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la réglementation ne cible pas seulement le diesel. Les voitures essence sont aussi concernées. Les plafonds sont précis :

  • Pour les moteurs diesel, le dioxyde d’azote (NOx) ne doit pas dépasser 80 mg/km,
  • Pour l’essence, la limite est fixée à 60 mg/km,
  • Les particules fines ne doivent pas excéder 5 mg/km.

La norme Euro 6 a connu plusieurs évolutions : 6b, 6c, 6d-TEMP, 6d… Chaque étape a renforcé les contrôles, jusqu’à intégrer des tests en conditions réelles pour éviter toute triche sur les chiffres. Pour reconnaître un véhicule conforme, il suffit de regarder la vignette Crit’Air : la plupart des modèles Euro 6 reçoivent le Crit’Air 2, tandis que les motorisations les plus récentes peuvent grimper dans une catégorie encore plus favorable, gage d’un meilleur respect de l’environnement.

La fameuse date d’interdiction Euro 6, qui revient régulièrement dans l’actualité, cristallise aujourd’hui l’inquiétude. Les accès en ville seront restreints, puis fermés, à ces véhicules, au profit de ceux qui optent pour des motorisations plus vertueuses, comme l’électrique ou l’hybride. Et la pression ne faiblit pas : la norme Euro 7 est déjà à l’horizon, avec des seuils d’émission encore abaissés pour accélérer la transition vers une mobilité vraiment propre.

Quels véhicules seront concernés par l’interdiction en 2025 ?

2025 marquera un tournant pour une partie des véhicules classés Crit’Air 3 dans les zones à faibles émissions (ZFE) les plus strictes. Les modèles principalement touchés : les diesel immatriculés avant 2011 et les essence d’avant 2006. Considérés comme plus polluants, ils verront leurs déplacements limités, sur des plages horaires ou de façon permanente, selon les décisions locales.

Le dispositif repose sur la vignette Crit’Air, qui résume en un coup d’œil l’année d’immatriculation et le type de moteur de chaque véhicule. Les Crit’Air 4 et 5 n’ont déjà plus droit de cité dans de nombreuses métropoles. En 2025, le tour viendra :

  • des diesel Crit’Air 3 (entre 2011 et 2015),
  • des essence Crit’Air 3 (de 2006 à 2010),
  • et de tout véhicule non classé ou sans vignette.

À l’inverse, les électriques, hybrides rechargeables et modèles à hydrogène (Crit’Air 0 et 1) continueront de circuler sans restriction. C’est la récompense de leur faible impact environnemental. Les particuliers comme les professionnels sont ainsi poussés à anticiper le changement, car ce calendrier, déjà appliqué à Paris, Lyon ou Grenoble, s’étendra à bien d’autres agglomérations. La mutation du parc automobile s’accélère, portée par la volonté de tourner la page des motorisations thermiques pour de bon.

Les zones à faibles émissions : où et comment les restrictions s’appliqueront-elles ?

Les zones à faibles émissions (ZFE) ont pris racine dans la plupart des grandes métropoles françaises. Paris, Lyon, Marseille, Grenoble, Toulouse, Rouen, Montpellier, Bordeaux, Strasbourg : toutes avancent à leur rythme, mais la tendance est claire. Chaque ville fixe ses critères, son calendrier, ses périmètres. Une règle s’impose : seuls les véhicules avec une vignette Crit’Air 0, 1 ou 2 pourront séjourner dans les centres urbains les plus réglementés, selon l’année du véhicule et son mode de motorisation.

Dans la pratique, la restriction s’applique à des zones précises : le périphérique parisien, l’hyper-centre lyonnais, les quartiers intra-muros à Marseille. Les contrôles se durcissent. Radars automatiques, patrouilles, sanctions : impossible d’ignorer la signalisation. Certains territoires restreignent l’accès 24h/24, d’autres seulement aux heures de pointe.

Mais chaque collectivité adapte le dispositif à sa réalité. Des dérogations peuvent exister pour les artisans, les professionnels de santé, les riverains. Mais la tendance est nette : l’étau se resserre, la tolérance s’efface, la motorisation thermique ancienne recule. Aujourd’hui, la faible émission s’impose comme une règle structurante pour l’accès à la ville et la façon de se déplacer au quotidien.

Jeune femme regardant une notice de restriction de conduite

Quelles conséquences pratiques pour les particuliers et les professionnels ?

Le calendrier d’interdiction Euro 6 dans les ZFE n’est pas qu’un détail réglementaire. Il bouleverse le quotidien de milliers d’automobilistes et d’entreprises. Pour un particulier, il faut choisir : conserver son véhicule au risque de ne plus pouvoir s’en servir en ville, ou franchir le pas vers un modèle plus propre. Sur le marché de l’occasion, l’écart se creuse : les véhicules anciens perdent de la valeur, tandis que la demande explose pour les modèles électriques ou hybrides. Les aides publiques, comme la prime à la conversion, existent mais ne couvrent pas toujours la différence de prix avec un véhicule neuf ou récent.

Côté professionnels, l’enjeu est d’une autre ampleur. Adapter une flotte entière peut représenter un investissement colossal, difficile à absorber pour les petites structures. Certaines professions profitent d’un sursis, mais la règle s’impose à tous : renouveler ou risquer de ne plus pouvoir travailler dans les centres-villes.

Voici quelques points à surveiller pour anticiper les impacts :

  • Assurance auto : les compagnies revoient leurs grilles, tenant compte de la catégorie Crit’Air pour fixer les tarifs.
  • Crédit : attention aux conditions, certaines banques ou organismes de financement se montrent plus prudents pour les prêts dédiés à des véhicules thermiques.
  • Solutions alternatives : le recours aux transports en commun, à l’auto-partage ou au covoiturage gagne du terrain, transformant peu à peu les habitudes de déplacement.

Le signal est clair : le compte à rebours s’accélère. Chaque décision prise aujourd’hui façonne la mobilité de demain, entre adaptation et contrainte, choix assumé ou transition forcée. L’avenir urbain s’écrira sans les vieilles motorisations, ou pas du tout.

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