Oubliez les classements flatteurs et les promesses d’un autre temps : le compte à terme (CAT) a perdu de sa superbe. Ce produit d’épargne, qui s’est révélé pertinent quand la croissance galopait et que les banques cherchaient à attirer des liquidités, peine aujourd’hui à rivaliser. Pourquoi ? Parce que placer son argent en compte à terme, c’est tout simplement prêter à sa banque. Or, pour que ce prêt rapporte vraiment, il faudrait que les banques aient besoin d’argent et que le coût de l’argent grimpe. Depuis des années, c’est l’inverse : l’argent circule à bas prix, les taux stagnent, et le compte à terme s’efface devant d’autres solutions bien plus attractives. Voilà pourquoi les taux de crédit immobilier flirtent avec les planchers historiques. Si vous comptez faire fructifier vos économies, il existe des alternatives nettement plus convaincantes que le CAT.
Compte à terme : Définition
Le compte à terme, c’est la promesse d’un placement sans surprise : vous bloquez une somme pendant un temps précis, et la banque vous reverse des intérêts à l’échéance. En somme, c’est le miroir d’un emprunt traditionnel, mais ici, c’est vous le prêteur. Les intérêts sur un CAT peuvent être calculés de différentes manières.
Pour s’y retrouver, trois grandes formules existent :
- compte à terme à taux variable
- compte à terme à taux progressif
- compte à terme à taux fixe
En pratique, les banques ne proposent presque plus que le taux fixe, ou parfois le taux progressif. Quelques caractéristiques réunissent les CAT que l’on trouve aujourd’hui sur le marché :
aucune perte en capital à craindre
- l’argent déposé n’est pas accessible avant la fin, sauf rupture avec pénalité
- intérêts imposés
- pas de frais de gestion, ni pour verser, ni pour retirer avant terme
- mais retrait anticipé sanctionné par une pénalité
Si vous voulez examiner plus en détail ce placement, tournez-vous vers les documents d’information officiels de chaque établissement.
Compte à terme : quelle rémunération ?
Obtenir un taux clair relève souvent du parcours du combattant. Les banques restent floues, les grilles évoluent sans cesse, et beaucoup se contentent d’indiquer des fourchettes. Pourquoi cette discrétion ? Les taux suivent les grands indicateurs du marché monétaire comme l’eonia ou l’euribor, et varient rapidement. Résultat, chacun doit sonder, comparer, parfois appeler, pour savoir ce qui l’attend.
Certains chiffres émergent tout de même, surtout du côté des banques en ligne ces dernières années :
- ING Direct : 1,25 % sur 3 mois (offre promotionnelle)
- RCI Bank : Compte à terme Pepito, taux progressifs commençant à 1,60 % (attention, conditions datant de 2013 !)
- Banque PSA : Distingo à 2,50 % par an sur 2 ans
Impossible de trouver un compte à terme chez Fortunéo, Boursorama ou Hello bank. Leur absence traduit tout simplement un désintérêt du marché, au moins pour les particuliers.
Chez les acteurs traditionnels, le flou reste de mise :
- BNP Paribas : la formule Potentiel de marché ou Potentiel 1,2,3 existe, sans taux public en ligne
- Crédit Agricole : Compte Vert à terme trimestriel, 2,10 % brut annuel (soit 0,15 % brut trimestriel)
- Société Générale : Compte à terme de trésorerie dont le taux se dévoile en agence
- Crédit Mutuel : Tonic court terme à 0,60 % sur 6 mois ou Croissance Tonic, progressif de 0,85 % au premier trimestre à 1,63 % au huitième trimestre
Fiscalité des comptes à terme
La fiscalité change toute la donne. Les intérêts d’un compte à terme sont imposés : d’abord via les prélèvements sociaux, puis à l’impôt sur le revenu. Dans certains cas, un taux dit « libératoire » peut s’appliquer, mais le résultat est souvent le même : une performance rognée par la fiscalité.
En clair, ce placement est taxé sur le même modèle qu’un super livret bancaire. Quand on met face à face les taux nets, l’écart frappe immédiatement. En plus, un livret bancaire donne la liberté de retirer dès que besoin, alors que le CAT oblige le client à patienter. Un simple coup d’œil aux grilles de taux suffit : les livrets s’imposent aujourd’hui sur le terrain de la flexibilité comme du rendement.
Livret d’épargne ou compte à terme : le match
Pour illustrer ce duel, prenons la Croissance Tonic du Crédit Mutuel : 0,95 % au quatrième trimestre et 1,63 % au huitième trimestre. À côté, le livret Hello bank affiche 2,00 % brut standard, le meilleur taux du moment selon les données récentes. Si l’on fait le calcul pour 10 000 € placés :
Intérêts après 1 an : compte à terme : 90,30 €livret d’épargne : 200,00 €
Intérêts après 2 ans : compte à terme : 241,49 €livret d’épargne : 404,00 €
Face à leur souplesse et à leur rémunération, les livrets relèguent les comptes à terme sur la touche, chiffres à l’appui.
Prendre date, bloquer ses fonds, espérer grappiller quelques euros d’intérêts : pour beaucoup, le compte à terme évoque une autre époque. Aujourd’hui, d’autres placements, plus souples et souvent mieux rémunérés, donnent tout simplement le ton.


aucune perte en capital à craindre